Rappel du programme disponible sur cette page : https://www.reseaucocagne.org/evenements/accessalim-qpv/
La journée s’est conclue par une déclaration commune du Réseau des Collectivités Territoriales pour une Economie Sociale et Solidaire (RTES), représenté par sa déléguée générale Anne-Laure Federici et le Réseau Cocagne, représenté par son président Dominique Hays. cf. texte ci dessous.
« Les quartiers populaires, ou quartiers « politique de la ville » en langage administré, sont des lieux dits « prioritaires » du point de vue des inégalités sociales et donc territoriales qu’ils représentent. Le contexte politique actuel renforce les stigmatisations des personnes qui y vivent, souvent avec des allégations mensongères sur les moyens affectés et les résultats attendus. 20 ans après la mort des deux jeunes dans un transformateur électrique et des révoltes urbaines qui ont suivi, les appels publics à plus d’associations dans les quartiers pour organiser des réponses d’habitants ne sont plus d’actualité. Le projet de loi de finances 2026 présenté par le gouvernement entérine une suppression massive de budgets pour la vie associative, inédite, aux conséquences catastrophiques pour la citoyenneté en acte, dans les quartiers.
Des solutions existent pourtant, par et pour les habitant-e-s, à partir de leurs engagements réels et concrets. De là où ils vivent, travaillent et font société, de leurs différences et surtout ressemblances. Ils sont aussi des lieux de questionnements forts du « contrat républicain », si nécessaire et pourtant décevant voire contradictoire avec les conditions de vie, d’accès à l’emploi, à l’éducation, à la santé etc. Parmi ces grandes fonctionnalités problématiques, il y a l’enjeu alimentaire, ce fait social total, qui suppose d’abord de reconnaître les expertises et les cultures des habitant-e-s qui, pas plus que les autres, ne souhaitent se conformer à des injonctions sanitaires « venues d’en haut ». De pouvoirs publics, des classes sociales dominantes, des associations qui peuvent être, en bonne foi, des outils de délégitimation des savoirs populaires, des cultures issues des anciennes colonies françaises.
Fermes urbaines, potagers participatifs, cantines et marchés solidaires… ces initiatives portées par des associations avec le soutien de bailleurs sociaux, de collectivités et de l’Etat sont des dispositifs nécessaires pour ouvrir le champ des possibles au-delà de l’aide alimentaire avec les habitant-e-s des quartiers sans présupposés « éducatifs » ni comportementaux. Leurs savoirs de « modestes économes » qui optimisent les sources d’approvisionnement (marchés de plein vent, boutiques de produits « exotiques », commerces « communautaires, hard discount…) doivent être reconnus et soutenus là où ils sont menacés, notamment par un risque de ghettoïsation alimentaire (multiplication des fast food, fermeture de petites et moyennes surfaces, absence d’alternatives sociales).
Nos organisations représentatives de la parole des habitant-es, de projets associatifs émancipateurs, de collectivités soutenantes de l’ESS, revendiquent une vision positive des quartiers populaires du point de vue de leur contribution indispensable à notre économie et au bien commun. Dans le cadre de la future mandature des communes, nous proposons l’ouverture d’assises citoyennes de la question alimentaire dans les quartiers dits « prioritaires » qui constateront les menaces ciblées sur la santé des personnes par la dégradation des conditions d’accès à une alimentation de qualité. Ces attaques ciblées sur ces personnes appellent une expression politique forte de leur part, en lien avec les collectivités et les associations en capacité d’agir. Les innovations existantes devront être déployées par l’énergie des citoyen-n-e-s organisé-e-s en faisant le lien entre la ville et la campagne, entre les cultures culinaires de là-bas et d’ici. »
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