Travail social : des équipes face à une mutation profonde

Les Jardins de Cocagne du Grand Est ont décidé de dédier une partie de l'enveloppe JM Bruneau régionale à un thème au combien transversal : la santé mentale au travail. Entre évolution des publics et abandon de certains services sociaux publics, les ASP/CIP doivent gérer des situations nouvelles qui peuvent les interroger sur leur propre capacité d'agir.

Le 18 février dernier, les équipes d’accompagnement se sont réunies pour une journée de réflexion autour des transformations du travail et des enjeux de santé mentale.

Cette rencontre s’inscrit dans un cycle de 6 séances, dont les 5 prochaines auront lieu chaque mois jusqu’au mois de juillet, afin d’approfondir collectivement ces réflexions et accompagner les évolutions des pratiques.

Dans un contexte marqué par la montée des fragilités psychologiques et sociales, les professionnels témoignent d’un quotidien de plus en plus complexe, entre imprévisibilité des situations, surcharge administrative et manque de relais institutionnels.

L’intervention de Gabriel Perez, psychothérapeute, a permis de mettre en lumière les effets du “new public management”, qui impose une logique de résultats parfois en décalage avec la réalité du terrain. Une évolution qui peut conduire à une perte de sens et à une souffrance éthique chez les professionnels.

Face à ces défis, un constat s’impose : le collectif de travail est fragilisé, alors même qu’il constitue un levier essentiel pour faire face aux difficultés.

Les échanges ont souligné l’urgence de :

  • recréer des espaces de dialogue,

  • clarifier les règles et limites d’intervention,

  • et renforcer la reconnaissance du travail réel.

Plus largement, cette journée ouvre des perspectives : repenser les pratiques, adapter les organisations et redonner toute sa place au collectif pour mieux accompagner les publics.